(1/4) Pourquoi répétons-nous certains schémas inconscients dans nos vies ?

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Arbre généalogique familial, symbolisant la prise de conscience et la libération des conditionnements inconscientsComprendre nos conditionnements inconscients

Nous avons parfois parfaitement conscience de ce que nous aimerions changer dans notre vie... et pourtant, nous continuons à reproduire certains comportements, certaines réactions ou certaines situations.

Pourquoi est-il parfois si difficile de faire autrement ?

Une partie de la réponse peut se trouver dans nos conditionnements inconscients : des apprentissages, associations, automatismes, croyances ou réactions qui se sont construits au cours de notre histoire et qui peuvent continuer à influencer notre manière de penser, de ressentir et d’agir sans que nous en ayons pleinement conscience.

La psychologie contemporaine documente effectivement l'existence de processus automatiques et non conscients capables d'influencer nos comportements. Il faut toutefois éviter d'imaginer une opposition trop simple entre un « conscient » qui déciderait et un « inconscient » qui contrôlerait tout le reste : les interactions entre processus automatiques et contrôlés sont beaucoup plus complexes.

Qu’est-ce qu’un conditionnement inconscient ?

Dès notre enfance, nous apprenons constamment.

Nous apprenons par ce que nous vivons, mais également par ce que nous observons, ce que l'on nous transmet, les réactions de notre entourage, les expériences que nous traversons et les conséquences de nos propres comportements.

Certaines associations et certaines manières de réagir peuvent progressivement devenir automatiques. Elles n'ont alors plus besoin d'être consciemment réfléchies pour influencer notre comportement. Les mécanismes d'apprentissage et de conditionnement constituent un domaine ancien et toujours actif de la psychologie expérimentale.

Un enfant peut par exemple intégrer progressivement des messages tels que : « Il faut être fort. » « Je ne dois pas déranger. » « Je dois faire plaisir aux autres pour être apprécié. » « Montrer mes émotions me rend vulnérable. » « Je ne suis pas capable de réussir. »

Ces messages ne sont pas nécessairement formulés explicitement par les parents. Ils peuvent aussi émerger de l'environnement dans lequel l'enfant grandit et de la manière dont il interprète ses expériences. Avec le temps, certains peuvent devenir de véritables règles intérieures.

 

Quand nos automatismes finissent par nous limiter

Les automatismes ne sont pas mauvais en eux-mêmes.

Ils sont même indispensables : ils nous permettent d'agir rapidement sans devoir analyser consciemment chaque situation.

Mais un apprentissage autrefois adapté peut devenir moins pertinent lorsque notre environnement, nos besoins ou notre vie changent. La recherche contemporaine considère d'ailleurs l'automaticité comme quelque chose de plus flexible et dépendant du contexte qu'on ne l'imaginait autrefois.

Prenons quelqu'un qui a appris très jeune à éviter les conflits pour préserver son équilibre familial. Cette stratégie a peut-être été utile pendant son enfance. Des années plus tard, elle peut pourtant l'amener à ne jamais exprimer ses désaccords, à accepter des situations qui ne lui conviennent pas ou à éprouver des difficultés à poser ses limites. La personne peut alors parfaitement se dire « Je devrais apprendre à dire non. » et continuer malgré tout à dire oui.

C'est précisément là que l'idée de conditionnement inconscient devient intéressante : comprendre que certaines de nos réactions actuelles peuvent avoir été façonnées par notre histoire permet de ne plus les considérer comme immuables.

 

D'où peuvent provenir nos conditionnements ?

Il n'existe pas une origine unique.

Certains peuvent être liés à notre histoire personnelle : éducation, expériences marquantes, relations, apprentissages, environnement social et culturel…

D'autres peuvent s'inscrire dans une histoire familiale plus large : valeurs transmises, règles implicites, non-dits, rôles familiaux, comportements appris ou événements ayant profondément marqué une famille.

C'est ici que nous rencontrerons dans un prochain article le transgénérationnel et des notions comme les loyautés familiales, les répétitions, les secrets de famille, les places attribuées à chacun ou encore ce que la psychogénéalogie appelle le « syndrome d'anniversaire ».

Certaines approches spirituelles et énergétiques proposent enfin d'autres origines possibles, notamment karmiques ou multidimensionnelles.

Ces dernières appartiennent à des systèmes de croyances, des traditions spirituelles ou des modèles énergétiques qui ne constituent pas des mécanismes démontrés par la science, mais qui n'en demeurent pas moins intéressantes à examiner Nous les explorerons séparément dans cette série d’articles.

 

L'inconscient : de quoi parle-t-on exactement ?

Le mot « inconscient » peut recouvrir des réalités très différentes.

En psychologie cognitive contemporaine, il peut notamment désigner des traitements de l'information, associations ou processus automatiques qui influencent nos comportements sans nécessiter une attention consciente permanente. Leur fonctionnement et même la frontière exacte entre processus conscients et non conscients restent des sujets de recherche et de débat.

Dans la psychanalyse de Sigmund Freud, l'inconscient prend un sens différent.

Et chez Carl Gustav Jung, il prend encore une autre dimension. Celui-ci distingue notamment l'inconscient personnel d'un inconscient collectif, qu'il conçoit comme une couche plus profonde et universelle de la psyché, structurée notamment autour des archétypes.

Il est donc important, lorsque nous parlons d'inconscient, de savoir dans quel cadre nous utilisons ce terme.

 

Quatre dimensions possibles à explorer

Dans ma pratique, j'envisage le travail de libération selon quatre grandes dimensions complémentaires :

  1. La dimension physique concerne le corps, ses réactions et la manière dont certaines tensions ou manifestations corporelles peuvent accompagner notre vécu.
  2. La dimension émotionnelle concerne les émotions, les expériences qui leur sont associées et les réactions qui peuvent continuer à se réactiver dans certaines situations.
  3. La dimension mentale concerne notamment nos pensées, nos croyances, nos représentations, nos injonctions intérieures et certains schémas de fonctionnement.
  4. La dimension spirituelle et énergétique appartient aux traditions et aux pratiques qui envisagent l'être humain aussi à travers une dimension énergétique ou spirituelle.

Ces quatre dimensions n'ont pas le même statut scientifique. Les réunir ne signifie donc pas prétendre qu'elles ont toutes été démontrées de la même manière.

Elles constituent plutôt différentes portes d'entrée possibles dans le travail que je propose, en fonction de la personne, de sa problématique et de la manière dont elle souhaite être accompagnée.

 

Prendre conscience pour pouvoir choisir autrement

L'un des premiers intérêts du travail sur soi est précisément de rendre progressivement visible ce qui fonctionnait jusque-là de manière automatique.

Pourquoi cette situation provoque-t-elle toujours la même réaction chez moi ? Pourquoi certaines relations semblent-elles reproduire les mêmes difficultés ? Pourquoi ai-je autant de mal à poser mes limites ? Pourquoi est-ce que je continue à agir d'une manière qui ne correspond pourtant plus à ce que je souhaite ?

Il ne s'agit pas nécessairement de trouver une cause unique et cachée derrière chaque difficulté. Une même réaction peut résulter de plusieurs facteurs et notre histoire personnelle ne peut pas toujours être reconstruite avec certitude.

L'objectif est plutôt d'identifier ce qui peut aujourd'hui être compris, questionné, réévalué ou transformé.

Car prendre conscience d'un automatisme crée quelque chose d'essentiel : la possibilité de ne plus simplement le subir et d'expérimenter progressivement d'autres manières de penser, de ressentir ou d'agir.

 

Se libérer ne signifie pas effacer son histoire

Travailler sur ses conditionnements ne consiste pas à supprimer son passé.

Notre histoire participe à ce que nous sommes devenus. Certaines expériences nous ont construit, certaines nous ont protégés, d'autres nous ont limités.

Le travail de libération consiste davantage à distinguer ce qui nous appartient encore de ce qui n'a plus besoin de déterminer notre présent.

C'est là que peut commencer un véritable travail intérieur : prendre conscience de ce qui agit en nous, comprendre ce qui demande à évoluer et retrouver progressivement davantage de liberté dans nos choix.

 

Dans les prochains articles, nous irons plus loin en explorant successivement les mémoires et les conditionnements transgénérationnels, les différentes dimensions sur lesquelles peuvent s'exprimer nos blocages, puis les approches plus spirituelles et énergétiques de la libération.