Une difficulté que nous rencontrons dans notre vie ne s’exprime pas toujours d’une seule manière.
Elle peut se manifester dans nos pensées, influencer nos émotions, modifier certains de nos comportements et parfois s’accompagner de réactions ou de sensations corporelles.
Dans certaines approches spirituelles et énergétiques, elle peut également être envisagée à travers une quatrième dimension : celle de notre équilibre énergétique et de notre rapport au sens, à soi et au monde.
Dans ma pratique, j’utilise ainsi quatre grandes sphères pour explorer certains blocages et conditionnements : physique, émotionnelle, mentale et spirituelle/énergétique.
Ces dimensions peuvent être envisagées comme différentes portes d’entrée vers une même personne, sans supposer qu’une difficulté possède nécessairement une cause unique.
Quand le corps exprime aussi ce que nous vivons
Nous connaissons tous certaines manifestations physiques liées à notre état intérieur : une peur peut accélérer notre rythme cardiaque, le stress peut provoquer une tension musculaire, la nervosité peut nouer l’estomac ou augmenter la transpiration...
Ces réactions illustrent une réalité bien documentée : notre fonctionnement psychologique et notre fonctionnement corporel ne sont pas indépendants. Le stress mobilise notamment les systèmes nerveux autonome, hormonal et immunitaire, et peut produire de véritables manifestations physiques.
Le terme « somatisation » est parfois utilisé pour désigner l’expression corporelle de processus émotionnels ou psychologiques. Il ne signifie pas que les symptômes sont imaginaires, car les manifestations corporelles sont bien réelles.
Mais il faut immédiatement poser une limite essentielle : un symptôme physique ne doit jamais être uniquement considéré comme la conséquence d’un conflit émotionnel ou psychologique. Une douleur, une fatigue persistante ou tout autre symptôme peut avoir une origine médicale et nécessite, lorsque cela est approprié, un avis professionnel et les examens nécessaires. Explorer une éventuelle dimension émotionnelle ne remplace donc jamais le diagnostic ou le suivi médical.
Première sphère : le physique
Dans le cadre du travail que je propose, la première porte d’entrée peut être le corps lui-même.
Une tension, une sensation ou une réaction corporelle peut devenir un point de départ pour se demander :
- Quand cette manifestation apparaît-elle ?
- Dans quelles situations s’intensifie-t-elle ?
- Que suis-je en train de vivre lorsqu’elle se manifeste ?
- Existe-t-il un contexte émotionnel ou relationnel particulier ?
Cette exploration permet parfois de mettre en évidence des associations entre une situation, une réaction corporelle et un vécu intérieur.
C’est dans cette sphère que certaines pratiques alternatives parlent de décodage biologique.
Le « décodage biologique » : de quoi parle-t-on ?
Le décodage biologique repose sur l’idée qu’un symptôme ou une maladie pourrait correspondre à un conflit psychologique ou émotionnel particulier qu’il conviendrait d’identifier. Cette proposition doit être distinguée de la somatisation telle qu’elle est étudiée scientifiquement.
La recherche établit bien des interactions complexes entre stress, émotions, comportements et santé physique. Elle étudie également les liens entre régulation émotionnelle et certaines manifestations somatiques. Une revue systématique portant sur 105 études retrouve ainsi des associations importantes entre difficultés de régulation émotionnelle et troubles à symptomatologie somatique.
Pour ma part, je considère le décodage comme une grille de questionnement, et non comme une méthode infaillible permettant de déterminer avec certitude la cause psychologique d'une maladie.
La bonne question n'est pas « Que signifie obligatoirement ce symptôme ? », mais plutôt « Y a-t-il quelque chose dans mon vécu qui mérite d'être exploré parallèlement à sa prise en charge médicale ? ».
Deuxième sphère : l’émotionnel
Nos émotions constituent une autre porte d’entrée importante : peur, colère, tristesse, culpabilité, honte, sentiment d'abandon, frustration...
Une émotion est une réponse à ce que nous vivons et à la manière dont nous interprétons une situation. Elle possède également une composante corporelle. Respiration, tension musculaire, rythme cardiaque ou sensations internes peuvent changer avec notre état émotionnel.
La recherche sur la régulation émotionnelle montre que la manière dont nous traitons et régulons nos émotions est associée à notre santé psychologique et, dans certains contextes, à notre santé physique.
Il ne s’agit donc pas nécessairement de chercher à supprimer une émotion : la colère peut signaler qu’une limite a été franchie, la peur peut nous avertir d’un danger réel ou anticipé, la tristesse accompagne naturellement certaines pertes...
Le travail consiste plutôt à se demander : « Qu’est-ce qui déclenche cette émotion, que vient-elle exprimer et pourquoi prend-elle parfois une place disproportionnée dans certaines situations ? ».
Une réaction actuelle peut quelquefois être amplifiée par une expérience antérieure. C'est dans ce sens que j'emploierais l'expression « décodage émotionnel » : rechercher les expériences, associations ou conditionnements susceptibles d'éclairer une réaction émotionnelle actuelle, sans prétendre qu'une interprétation unique puisse être imposée à la personne.
Troisième sphère : le mental
Nous n'éprouvons pas seulement des émotions : nous interprétons constamment ce que nous vivons.
Ces interprétations reposent notamment sur nos apprentissages, nos croyances et les représentations que nous avons construites de nous-mêmes, des autres et du monde.
Certaines peuvent prendre la forme de convictions profondément intégrées : « Je ne suis pas à la hauteur. » « Je dois tout contrôler. » « Je ne peux compter que sur moi-même. » « Je dois satisfaire les autres avant de penser à moi. » « Si j'échoue, je perds ma valeur. ».
Lorsqu'une croyance devient suffisamment automatique, nous pouvons finir par regarder la réalité à travers elle sans même nous rendre compte qu'elle est présente. C'est ici que nous retrouvons les conditionnements inconscients abordés dans le premier article de cette série de 4.
Le travail mental ou psychique consiste alors notamment à identifier ces croyances et ces règles intérieures, à rechercher comment elles se sont construites et à vérifier si elles correspondent toujours à la personne que nous sommes aujourd'hui.
Il ne s'agit pas simplement de remplacer une « pensée négative » par une « pensée positive », mais de retrouver progressivement davantage de liberté dans notre manière d'interpréter une situation et d'y répondre.
Une même situation peut toucher plusieurs sphères
Prenons un exemple très simple.
Une personne doit prendre la parole devant un groupe.
- Elle peut penser « Je vais être ridicule. »: c'est la dimension mentale.
- Elle ressent alors de la peur ou de la honte : c'est la dimension émotionnelle.
- Son cœur accélère, son ventre se noue et ses muscles se contractent : c'est la dimension physique.
Les trois phénomènes peuvent ensuite s'entretenir mutuellement : pensée → émotion → réaction corporelle → interprétation de cette réaction → augmentation de l'émotion. Voilà pourquoi chercher absolument une seule origine à une difficulté peut être réducteur.
Il est parfois plus intéressant d'observer l'ensemble du fonctionnement.
Quatrième sphère : le spirituel et l’énergétique
La quatrième dimension appartient à un registre différent.
De nombreuses traditions spirituelles envisagent l'être humain comme possédant, au-delà de son corps physique, une dimension énergétique ou subtile.
Selon les traditions et les pratiques, on rencontrera notamment les notions de Qi ou Ki, chakras, méridiens, corps subtils, circulation énergétique, ancrage ou harmonisation. Ces concepts constituent le cadre de pratiques telles que le Reiki et de nombreuses approches énergétiques, mais ne correspondent toutefois pas à des structures anatomiques démontrées par la médecine contemporaine.
Lorsque je parle de décodage énergétique, je me situe donc volontairement dans cette grille de lecture : rechercher, dans le cadre d'un soin énergétique, ce qui est perçu comme un déséquilibre, une perturbation ou un blocage énergétique et travailler à son harmonisation.
Cette dimension peut également rejoindre un questionnement plus largement spirituel : « Qu'est-ce qui donne du sens à mon existence ? » « Est-ce que ma manière de vivre correspond à ce qui est important pour moi ? » « Quelle place est-ce que j'accorde à mon intuition, à mes valeurs ou à ma vie intérieure ? ».
Ici, nous ne sommes plus dans le diagnostic médical ou psychologique, mais dans l'expérience subjective et la démarche spirituelle de la personne.
Pourquoi parler de quatre sphères ?
Parce qu'une personne ne se résume ni à ses pensées, ni à ses émotions, ni à son corps.
Dans ma manière d'accompagner, ces quatre dimensions permettent surtout de ne pas enfermer une problématique dans une seule explication.
Une difficulté peut comporter :
- une dimension physique, à travers ce qui est ressenti dans le corps
- une dimension émotionnelle, à travers les émotions qu'elle mobilise
- une dimension mentale, à travers les croyances et pensées qui l'accompagnent
- une dimension spirituelle ou énergétique, pour les personnes qui adhèrent à cette grille de lecture.
Il n'est pas nécessaire que les quatre soient présentes ni qu'elles soient toutes travaillées.
La porte d'entrée dépend de la personne, de ce qu'elle vit et de ce qui apparaît pertinent au cours de son accompagnement.
Chercher la source... sans vouloir absolument en trouver une
Dans le travail de libération, nous pouvons naturellement être tentés de rechercher LA cause : « Quelle émotion est derrière ce problème ? » « Quel événement l'a provoqué ? » « Quelle croyance dois-je libérer ? ».
Cette recherche est utile, mais il convient tout de même de dire que tout n'a pas nécessairement une origine unique identifiable.
Nos comportements et notre état de santé résultent généralement d'interactions complexes entre de nombreux facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux. Une hypothèse intéressante ne doit donc jamais devenir une certitude simplement parce qu'elle paraît donner du sens. C'est particulièrement important lorsqu'on travaille avec des souvenirs, des interprétations symboliques ou des ressentis.
L'objectif n'est pas de construire coûte que coûte une explication du passé, mais de rechercher ce qui peut être utilement compris et transformé dans le présent.
Libérer un blocage : retrouver davantage de possibilités
Dans cette perspective, une libération n'est pas nécessairement quelque chose que l'on « retire » de la personne.
Elle peut être comprise comme un processus permettant de prendre conscience d'un fonctionnement devenu limitant, de comprendre ce qui l'entretient et d'ouvrir progressivement d'autres possibilités.
- Parfois, la porte d'entrée sera corporelle
- Parfois, elle sera émotionnelle
- Parfois, une croyance apparaîtra au premier plan
- Et parfois, la personne souhaitera explorer une dimension plus spirituelle ou énergétique
Ces différentes dimensions constituent ainsi autant de chemins possibles vers un même objectif : ne plus être uniquement guidé par certains automatismes et conditionnements, mais retrouver progressivement davantage de liberté dans sa manière de vivre, de ressentir et de choisir.
Dans le dernier article de cette série de 4, nous irons encore plus loin en abordant les différentes origines proposées dans certaines pratiques de libération : personnelles, transgénérationnelles, karmiques, énergétiques ou multidimensionnelles ; en distinguant là encore ce qui relève des connaissances établies, des modèles thérapeutiques et des conceptions plus spirituelles.